BOUILLON, François

Chez François Bouillon, artiste contemporain et collectionneur d’art premier, le geste moderne ne peut se séparer d’une empreinte primitive. Il s’accompagne d’une recherche de l’origine qui, par delà les développements historiques, proprement culturels, renvoie à l’humain dans ce qu’il a de plus nu.
Composée souvent de sept éléments, chacune de ses séries naît d’une histoire, d’une fiction ou d’un petit jeu rituel, aux allures de jeux de mots comme « inouï-inuit », et observe un code de règles établies. Caractérisé par une grande économie de moyens, son œuvre dessiné se décline dans des gammes de noirs et d’ocres et associe différents matériaux d’origine naturelle, tels que la terre, la pierre, le feu ou organique, ainsi que les plumes et les os, peut-être liés au milieu rural de son enfance. Elle met en scène des formes simples, « archétypales » c’est-à-dire des motifs que de nombreuses civilisations ont utilisés successivement et qui possèdent une qualité de permanence, essentielle à ses yeux.
Souvent géométriques, ces formes, qui comme deux Y inversés désignent l’être humain dans les cultures Inuit ou Dogon, sont aussi dotées d’un fort pouvoir d’évocation symbolique.
Procédant de signes d’abord accumulés avec une large part d’improvisation et de hasard avant d’être organisés, ces séries ne s’arrêtent que lorsque l’artiste pense avoir interrogé les sens multiples de l’énoncé jusqu’à le vider de toutes ses possibilités. Avec pour titre un calembour ou une litanie conçue sur le modèle des formules magiques créées par l’enfant pour conjurer sa peur du noir et de la nuit, elles se nomment « Mantique de tact », « Inouï inuit », « ok ko », « Me-le », etc.

<
>
chargement...
chargement...