RICHARD, Philippe

FR, 1962

Philippe Richard procède par recouvrements, parfois par division de la toile. Son œuvre de coloriste est traversée par des préoccupations d’ordre pictural : travailler la surface de la toile jusqu’à l’épuisement, se demander à quel moment l’épuisement s’atteint ; la recouvrir cent fois en ayant toujours son regard fixé sur la part visible de l’œuvre ; abuser du motif jusqu’à ce qu’il fasse surface. Ses peintures développent une abstraction sensible faite de réseaux de lignes et de courbes, de systèmes de points et de formes ovoïdes qui se grippent. Une mathématique y est à l’œuvre. Elle se situerait entre une théorie des ensembles gagnée par une forme de décalage, de dérision, et l’épuisement désordonné d’une organisation de pensée. Comment donner à voir une pensée visuelle en mettant au jour les associations, croisements, obsessions qui la traversent, telle semble l’idée fixe de cette peinture. On pourrait dire de ses constructions, sans abus de langage, qu’elles sont poétiques. Philippe Richard prend le langage comme point de comparaison, comme point d’ancrage. Chaque fois, un mot ou une expression lui sert de titre : « indubitablement », « comment dire ». Comment dire ou comment composer une pensée faite de rythmes et d’associations de formes d’un vocabulaire qui se reconstruit sans cesse. En s’autorisant les bégaiements, les reprises. Les fulgurances aussi.


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