FAURE, Claude

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Né en 1932 à Paris, Claude Faure croit d’abord que son avenir sera littéraire comme l’indique peut-être la fréquentation d’une khâgne au lycée Condorcet et d’une Sorbonne qui n’est pas encore nouvelle. Malgré une (modeste) participation à la seconde et à la troisième Biennale de Paris, son goût pour les arts dits plastiques s’affirme tard. Plus tard encore, après une période « matiériste » et quelques errements, la découverte ou redécouverte de la typographie (et de l’imprimerie) le ramène bon gré mal gré au mot, à la phrase, à la page. Plus précisément au rapport qui se noue entre le sens des mots et leur forme, leur emplacement, voire la couleur qui les rend visibles, bref la matérialité à laquelle ils sont condamnés. Là se trouve peut-être, bien des années après, la jonction potentiellement féconde entre l’écriture et les arts visuels. En 1986 une exposition personnelle de collages à la Galerie Denise René marque un grand tournant et le renforce dans la conviction qu’il doit continuer dans cette direction. En 1988, il fonde, avec Piotr Kowalski et le Turinois Piero Gilardi, l'association Ars technica. A cette date, la Galerie Bernard Jordan coédite (avec la Cité des Sciences) Pas un mot plus haut que l'autre, petit livre où se rassemblent de nombreux exemples de rencontre entre le sens et la forme des mots écrits. Un peu d'italien, d'anglais, d'allemand, une once de latin offrent autant de variantes goûteuses... Claude Faure présente à la galerie la Dérive des continents, à voir comme une réplique informatique de Pas un mot plus haut que l'autre, une série de T-shirts ainsi que plusieurs pièces récentes. Restant attaché à la multiplicité des matériaux, il ne dédaigne pas le papier, la toile, le textile, le miroir, l'objet tout fait et jusqu'aux alphabets en pâte alimentaire. Tout ce qui peut faire signe.

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