Gabriele Chiari

Galerie Bernard Jordan, Paris, France01/09/2011 - 12/10/2011

Après avoir partagé avec Elmar Trenkwalder, en 2009, les murs de la galerie de Zürich, puis avec Martine Damas, Guillaume Millet et Alain Sicard ceux de la galerie parisienne, Gabriele Chiari a l’honneur d’inaugurer avec une exposition personnelle la saison 2011-2012 au 77 de la rue Charlot. C’est à l’École nationale supérieure des Beaux-arts, dans l’atelier de François Bouillon, qu’elle développe une attention particulière au dessin, attention qui l’amènera tout naturellement au choix de l’aquarelle comme médium, exclusif jusqu’à ce jour. Cette exclusivité définit un champ particulier de travail, toujours très ordonnancé. Unique le support : toujours le papier ; toujours non seulement de grands formats, mais encore de formats identiques : à l’horizontale, 73 x 110 cm. Cette proposition d’un groupe de 7 aquarelles ouvre une nouvelle vision sur la peinture de la jeune artiste autrichienne. On peut certes les rapprocher de celles, isolées, que la galerie a présentées aux salons du dessin successifs depuis 2009, mais c’est à une nouvelle découverte que ce rapprochement nous invite. Ces peintures, réalisées tout exprès pour l’exposition au cours de l’été, déclinent les diverses typologies des formes déjà repérées, organiques, décoratives, systématiques, en réserve ou bien encore tout simplement un espace fondu. Mais elles montrent aujourd’hui davantage de concision, de réflexion, de liberté et d’impertinence, elles vont plus loin. Elles rendent patente une relation des parties entre elles et des parties au tout, le tout étant formé par l’ensemble des œuvres. Le dialogue entre les aquarelles devient nécessaire au regard porté et à son analyse. Cette confrontation nous apprend la variété dans la sobriété. Trois couleurs, à peine quatre peut-être, pour l’ensemble de l’exposition suffisent, une seule en plus du blanc pour chaque pièce. Aucun effet, « élémentaire » reste le maître mot. Elémentaire dans le faire et dans les moyens pour le faire, économie des moyens. Le cheminement pour arriver à la réalisation d’une aquarelle est très long et très lent. À partir d’une couleur, différentes pistes sont explorées pour n’en retenir qu’une qui sera à son tour fouillée, creusée, dépouillée, sorte de taille directe. La densité de la couleur, sur le fond blanc du papier, donne les valeurs. Puis le séchage marque les contours : le dessin est là. Partir de la sculpture, passer par le dessin pour arriver à l’aquarelle : un parcours peu commun pour révéler une œuvre autant légère que tangible. Marielle Barascud