Tohu-Bohu

Rennes11/01/2013 - 14/04/2013

Le Fonds régional d’art contemporain Bretagne présente du 11 janvier au 14 avril 2013 Tohu-Bohu, exposition consacrée à l’artiste suisse Renée Levi. Elle y dévoile de façon inédite son travail du dessin. À l’atelier, ses dessins se pratiquent au quotidien, en contrepoint de son travail de peinture. Conçus à différentes échelles dans cette exposition, ils se situent du côté du processus, constituant des recherches, des tentatives qui permettent à son oeuvre de peintre de rester toujours en mouvement. Tohu wa (et) Bohu signifie en Hébreu le désert ou le chaos et le vide. […] Tohu tendrait plutôt vers « vide spirituel » (une sorte de perte de repère et d’orientation), Bohu signifierait plutôt « manque de capacité de penser. Si certains de mes dessins sortent d’un tohu-bohu, on peut dire que tous les dessins réunis sont aussi un tohu-bohu, sans ordre tant dans la forme que dans le contenu. Renée Levi, juin 2012
Dans Tohu-Bohu, Renée Levi propose d’entrer dans le désordre d’une pensée, de pénétrer dans cette étape du travail où l’esprit est ouvert à toutes les directions possibles. Renée Levi est peintre. Dans cette exposition, elle choisit de montrer son travail de dessin. Sous la forme d’une vaste installation occupant tout l’espace de la galerie Nord du Frac Bretagne, elle présente des dessins de techniques et de formats différents, aussi bien récents (2011-2012) que plus anciens (depuis 2000), voulus par elle comme des « accrochages Pétersbourg », très serrés. Dans ses dessins, l’artiste pose la question du geste, de la procédure qui sera la sienne, passant de la couleur comme geste présente dans ses peintures, au geste seul. Elle met fin. Elle réalise des expériences, les reprend une, deux, trois fois puis regarde si cela tient, ce que cela donne visuellement, faisant naître de nouvelles lignes et de nouvelles formes. Tout son processus de travail est en marche. Comment tracer une ligne ? C’est l’une des questions qui se posent dans ces oeuvres sur papier de différents formats. En faisant couler une encre depuis l’un des côtés du papier puis en retournant celui-ci ou bien en travaillant sur des principes de plis, de symétries, de taches ou de traits réalisés à l’encre ou à l’aquarelle. Ces procédures sont expérimentées, abandonnées ou reprises. Comment le geste se trace-t-il sur du papier, de quelles manières s’y imprime-t-il, comment le support lui résiste-t-il ? Ces questions traversent sa pratique de peinture et plus spécifiquement ces oeuvres récentes, qui recentrent son travail dans une ligne plus dense, tendue, épurée. Travailler dans le cadre du dessin, pour Renée Levi, c’est comme travailler dans un espace architectural. Les mêmes contraintes et exigences sont à l’oeuvre. Dans son travail, l’artiste joue sur des différences d’échelles. Penser les contrastes, envisager la peinture dans son rapport à l’espace, telles sont quelques-unes de ses préoccupations. En contrepoint de ces installations, elle réalise de très grandes aquarelles bleues sur papier monté sur plexiglas. La peinture y joue avec la capacité d’absorption du papier pour un résultat très subtil, beaucoup plus proche du dessin et du tracé que de la picturalité.

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