Galerie Bernard Jordan
77, rue Charlot 75003 Paris
T : 33 (0)1 42 77 19 61
galerie@bernard-jordan.com
mardi - samedi 14h - 19h


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Foires

DRAWING NOW
26-29 mars 2020


Expositions

NINA CHILDRESS
Lobody Noves Me
Fondation Entreprise Ricard
du 18 février > 29 mars 2020

VINCENT BARRÉ
Vernissage 27 mars 2020
Domaine de Chaumont-sur-Loire
28.03 > 1.11


ALEX HANIMANN
Same but different
FRAC Grand Large
15.02 > 24.04

NINA CHILDRESS
A World of Absolute Relativity
Voltaire
avril - mai 2020

RENEE LEVI
Musée d'Art d'Evreux
mai > octobre 2020

ELMAR TRENKWALDER
Esprit es-tu là ? Les peintres et les voix de l'au-delà
Musée Maillol
du 2 avril > 26 juillet 2020

ALEXANDRE LEGER
Prix du club des partenaires 2018
Musée d’Art Moderne et Contemporain, Saint- Etienne
du 30 novembre 2019 > 15 mars 2020








SHARKA HYLAND
"Blaise Cendrars - La Fin du Monde filmée par l'Ange N.D.

GALERIE BERNARD JORDAN / PARIS
15 FEVRIER - 14 MARS 2020

Sharka Hyland a choisi de présenter une douzaine de dessins sur lesquels sont dessinés des extraits de « La Fin du monde filmé par l’Ange N.-D. » de Blaise Cendrars Dans un texte écrit il y a deux ans, Diana Quinby avait présenté le travail de Sharka Hyland à l’occasion d’une exposition à Berlin, dont voici un extrait : « les œuvres textuelles de Sharka Hyland sont des dessins. Que le spectateur reconnaisse ou non la source du texte n’a pas d’importance. L’artiste choisit les extraits en fonction de leur aspect imagé. Elle est à la recherche d’une « écriture en images » qui peut susciter une visualisation intérieure lors de la lecture. Le choix du format « paysage » à l’horizontal pour ses dessins souligne la référence à la picturalité. « Le sujet du dessin n’est pas le texte du livre, dit-elle, mais l’image évoquée par le texte. » Pour amener le spectateur à lire et le transporter au-delà du texte, elle rend les mots visuellement aussi proche que possible des mots imprimés sur la page d’un livre. Travaillant d’abord sur ordinateur, elle crée une maquette de référence qui lui servira pour dessiner. Elle choisit et modifie la police de caractères, détermine la mise en espace du texte. Par la configuration très régulière des mots et des espaces, et par l’uniformité et la précision de la forme des lettres dessinées au graphite, le bloc de texte devient « transparent », comme elle le dit, aussi ordinaire que n’importe quelle page imprimée. Le papier est également choisi pour sa « discrétion » ; il ne doit pas attirer l’attention. L’oeil ne doit s’arrêter ni sur la typographie, ni sur la matérialité du dessin, mais s’acheminer vers l’imaginaire, où le spectateur peut créer son image mentale « parfaite » selon son expérience des mots. Regarder les dessins de Sharka Hyland est ainsi une expérience profondément intime. »
Sharka Hyland a choisi ce texte de Cendrars car elle a été particulièrement intriguée par la façon dont il a sectionné des textes existants et, les fusionnant avec ses propres écrits, crée un collage textuel. Tout comme lorsqu’un artiste prend des images existantes et modifie leur signification, la signification du texte de référence change une fois qu’il est inséré dans ce nouveau contexte. Dans La fin du monde, Cendrars explore une autre modalité du langage, qui n’est pas typiquement associée à un récit littéraire (pas en 1919 du moins): celle d’une description objective dans laquelle le langage délaisse ostensiblement son pouvoir expressif, se reportant plutôt à l’image et à sa nouvelle forme palpitante, le cinéma. Le texte de Cendrars est, bien sûr, un exemple précoce de ce que l’on a appelé un «scénario intournable», c’est-à-dire un texte littéraire écrit sous la forme d’un scénario (dont la réalisation est soit hors de propos, soit, dans le cas de La fin du monde, impossible). Le film défile dans l’esprit à mesure que l’on lit le texte. Du langage austère, froid et souvent fragmentaire, émerge un spectacle visuel. La fin du monde a été initialement publié en 1919 aux éditions de La Sirène. C’est un merveilleux objet de bibliophilie dans lequel la typographie en caractères gras (bold peut vouloir dire fort dans le sens audacieux aussi) et les illustrations aux couleurs vives, semi-abstraites de Fernand Léger créent un sentiment d’exubérance. Un siècle plus tard, le texte de Cendrars apparaît à la fois plus profond et plus sombre. Extirpé de son contexte moderniste, le film a changé. Pour ses dessins du texte de Cendrars, Sharka Hyland a choisi de se concentrer seulement sur le «film dans le film» (sections 16-53). Elle a divisé le texte en 12 parties, selon sa perception de la séquence dramatique. Les séquences de début et de fin sont faites sous forme de dessins au crayon, le reste à l’aquarelle. Dans tous les dessins, elle a utilisé la même police de caractère (qui est apparentée mais pas identique à la première édition). Tous les dessins mesurent 30,5 x 40,5 cm, dans les proportions 3:4 du cinéma ancien


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