*Aimée
Renée Levi *Aimée
2016, Acrylique sur toile, 120 ✕ 120 cm

Aimée

du 23 janvier 2021
au 31 juillet 2021
Villa du Parc, Annemasse

La Villa du Parc accueille l’artiste Renée Levi pour un nouveau projet intitulé Aimée, débutant cet hiver par une exposition à l’intérieur du centre d’art contemporain, et se poursuivant à l’extérieur au printemps avec la réalisation d’un mural sur la façade nord du bâtiment.C’est avec bonheur que la Villa du Parc retrouve Renée Levi en ce début d’année 2021.

Le centre d’art contemporain à Annemasse avait en effet accueilli une proposition mémorable et éclatante de l’artiste installée à Bâle dans l’exposition Le syndrome de Bonnard en 2014, dans laquelle elle avait redéployé une installation murale fluorescente de la collection du MAMCO (Genève), en sculpture et palissade traversant l’espace domestique de la Villa du Parc.L’invitation d’ampleur qui lui est proposée aujourd’hui est motivée par l’envie après une année difficile et morose d’une exposition vive portée par une artiste dont on connaît la générosité et la précision, la radicalité picturale et l’acuité de la perception architecturale.

Pour la Villa du Parc, elle conçoit un projet sur mesure s’appuyant sur les variations de lumière naturelle et artificielle du lieu, jouant des effets rétiniens que celle-ci provoque en éclairant selon les heures les murs et un ensemble de peintures existantes et nouvelles. Dans l’œuvre de Renée Levi, “ le lieu concret, contingent, y est tangentiellement mis à contribution ”¹, écrivait avec justesse Christian Bernard, précisant ainsi comment l’artiste intègre les spécificités de l’espace afin d’optimiser les conditions de visibilité de son travail. C’est exactement dans cet état d’esprit qu’est pensée l’exposition à la Villa du Parc, dans laquelle les toiles exposées seront prolongées et relancées dans des muraux in situ plus ou moins perceptibles.

Dans les nouvelles toiles, la plupart de format moyen ayant été produites cette année à l’atelier sans circonstance spécifique, Renée Levi met en tension et bouscule la ligne intuitive et fluo au spray qui lui est caractéristique. Sa forme est reprise et répétée en aplats segmentés, épais et géométriques, contraignant le dessin initial et permettant de nouvelles compositions hybrides et dynamiques. Si la répétition du motif est inhérente au processus pictural, physiquement engagé, de l’artiste, le déplacement de son geste premier vers l’abstraction géométrique, est tout à fait inédit et expérimental.Entre la toile et le mur, la compression et l’expansion, la ligne qui se fait lettre et celle qui devient surface, la contrainte et le débordement, c’est toute une dialectique de jeu et d’introspection de sa peinture que Renée Levi inaugure et déploie à la Villa du Parc.

L’exposition se prolongera ensuite à l’extérieur, avec la réalisation de l’œuvre monumentale sur la façade synthétisant ces nouvelles recherches expressives et fonctionnant dans l’espace public comme peinture, hommage et signature.