
2025, grès, engobe, émail, 54 ✕ 39 ✕ 30 cm
Anja Marschal & Rémi Galtier
Anja Marschal est une artiste d‘origine polonaise née en Allemagne de l‘Ouest en 1989. Ses recherches artistiques l‘ont amenée à étudier aux Beaux-Arts de Poznan, d‘Istanbul et de Berlin. Au cours de cette période, sa pratique a évolué du design à la sculpture. La céramique est son principal médium, sur lequel elle travaille maintenant depuis plus de 10 ans.
Après avoir obtenu son diplôme à l‘UdK Berlin en 2016, elle a participé à des résidences et des programmes internationaux dans des usines de porcelaine à Kahla, Cmielow, Eschenbach et dans des institutions d‘art et de design comme le Bauhaus Dessau ou Moly Sabata. Ses œu- vres ont été exposées en Allemagne, en Pologne, en France et en Italie.
Depuis 2020, elle vit et travaille dans le sud de la France. Apres l‘ob- tention du diplôme de la Maison de la Céramique de Dieulefit (2023), elle donne une nouvelle orientation à sa pratique. Influencée par les travaux de Patrick Loughran, Coralie Courbet, Aneta Regel et Marian- na Castelly, lors de stages, elle développe un travail sculptural contemporain.
Par une toute autre approche que celle, raisonnée, du design, le travail de Rémi Galtier s’intéresse pourtant à la forme d’usage. Il la met à distance, de façon instinctive, comme pour nous en empêcher toute appropriation concrète.
Des formes vernaculaires subsistent, telles des fantômes d’objets pris dans des gangues, empêchées. Celles-ci naissent de façon progressive, montées lentement au colombin, elles se revendiquent en sculptures libres et autonomes. Les orifices de ce qu’on peut imaginer être des vases sont bouchés, étouffés. Des formes ovoïdes, des stalagmites superposées gonflent comme des baudruches, communiquent entre elles et semblent vouloir s’asphyxier.
Ces enchaînements d’extraits tronqués puis réassemblés – d’origines incertaines, vaguement industrielles ou au contraire géologiques
– deviennent mutants. Ils se solidarisent en s’organisant dans une nouvelle harmonie pataude, mais bien ancrée au sol, émouvante. Des architectures hybrides, sensibles, se dressent vers le ciel, roboratives et joyeuses, à mi-chemin entre dynamique et statique.


