AT LEAST I TRIED
AT LEAST I TRIED
2022, Acrylique sur papier, 65 ✕ 50 cm

STRU GGLE

Pablo cots
du 3 septembre 2022
au 8 octobre 2022

IL n’est pas fortuit que la peinture de Pablo Cots semble vouloir nous dire quelque-chose, « GOAT », « DIG », « LAW », ou encore « BYE BYE ». Il y a là tout ce qu’il faut d’incitations, d’invectives et d’apostrophes pour se laisser dire qu’un message voudrait passer. Mais quel message ? et à quelle fin ? Ces mots surnagent sur un fond flou qui semble les bercer. Ils nous interpellent, mais avec douceur. Les lettrages ont cela d’attendrissant qu’ils évoquent les typographies de bords de routes, celles que l’on croise au-devant des étals de vendeurs de melon l’été, ou encore dans l’imaginaire doré des grandes traversés sur les routes américaines.

Pour autant, ces mots ne vendent rien. La rêverie qui s’y associe est déjà en nous, dans nos souvenirs et dans nos voyages – fussent-ils immobiles. Le plaisir de ces œuvres se niche dans cet entre-deux que l’interprétation creuse dans notre esprit à chaque fois que nos regards se posent sur une suite de lettres. Tout un passif, personnel et collectif, émerge. C’est à la fois l’apprentissage scolaire, nos lectures et nos tournures d’esprit qui se répondent et tressent à nos lèvres un sens, et parfois, l’absence de sens. Les mots surgissent. Leur présence, avant d’être un message, est le fruit d’une surprise. Ce n’est qu’en suite qu’un arrière-goût vient recouvrir la peinture d’un discours. Selon, ce qui surnage sera peut-être l’ironie publicitaire d’Ed Ruscha, les tentatives de faire éclore un langage abstrait par Wassily Kandinsky, les pochette de la collection de disques parentale, la poésie DADA de Tristan Tzara, le bruit du vent sur la mer, ou encore une ritournelle enfantine entendue chantonnée dans une rue de New-York :

« I SCREAM, YOU SCREAM, WE ALL SCREAM FOR ICECREAM »

Ce que fait apparaître cette chansonnette – que ce soit celle-ci ou une autre – c’est la qualité sonore de l’œuvre de Pablo Cots. En elle comme dans toute adresse, il ne s’agit pas uniquement de donner à voir, mais aussi de donner à entendre. Les mots peints par l’artiste murmurent, ils bavardent, crient parfois, font échos, chuintent et couinent, bégayent et frappent à l’oreille de celui qui lit.

La typographie est ce qui cristallise ce constant aller-retour entre qualité visuelle et sonorité. Elle emprunte sa gestuelle autant aux enseignes qu’aux couvertures de livres et aux hasards par lesquels Pablo Cots les a croisés un jour puis s’en est souvenu pour un tableau. Comme une façon de se libérer d’une chose entêtante qui clignote dans le flou et vient éclore à nouveau pour nous, qui faisons face à ces œuvres.